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Le Chef de l’Etat a procédé à l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal

L’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS) a été l’occasion, pour le Président de la République, de poser les grands défis auxquels la nouvelle génération devra faire face. Dans son discours, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a particulièrement insisté sur l’intelligence artificielle, qu’il présente à la fois comme une opportunité majeure et comme un bouleversement profond du monde du travail, de la connaissance et de l’information.

Devant les jeunes conseillères et conseillers, le Chef de l’État a refusé toute approche fondée sur la crainte de la technologie. Il a plutôt appelé la jeunesse sénégalaise à s’en saisir et à participer à sa conception.

Selon lui, l’intelligence artificielle pourrait notamment contribuer à réduire certaines inégalités d’accès au savoir. Il a évoqué le cas d’un agriculteur pouvant obtenir des réponses dans sa langue sur les maladies affectant ses cultures, ou encore celui d’un élève éloigné des grands centres urbains pouvant accéder à des outils pédagogiques de haut niveau.

Mais le Président de la République a également souligné les transformations que cette technologie entraînera dans l’emploi. Certains métiers pourraient disparaître ou se transformer, tandis que de nouvelles professions apparaîtront, parfois dans des domaines que les systèmes éducatifs ne proposent pas encore.

Face à cette évolution, il a appelé les jeunes Sénégalais à ne pas se limiter à l’usage des technologies développées ailleurs. « Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres », a-t-il déclaré, appelant à former des ingénieurs, des linguistes, des juristes et des entrepreneurs capables de développer des solutions adaptées aux réalités du pays et à ses langues nationales.

Pour le Chef de l’État, l’enjeu dépasse cependant la maîtrise technologique. Il réside aussi dans la préservation de ce qui distingue l’être humain de la machine : le courage, la responsabilité, la parole donnée, la solidarité et le sens du devoir.

« Quand une machine saura tout, que restera-t-il à l’homme ? », s’est-il interrogé, avant de répondre en s’appuyant sur les enseignements des traditions initiatiques sénégalaises : l’apprentissage des valeurs et de la responsabilité collective.

Le président a également mis en garde contre plusieurs tentations auxquelles la jeunesse doit, selon lui, résister : le renoncement à l’action, la dépendance excessive aux machines, la diffusion du faux et l’imitation de modèles étrangers au détriment des repères culturels.

À ses yeux, la jeunesse doit utiliser la technologie comme un outil, sans lui abandonner sa capacité de réflexion. « Un esprit qui ne travaille plus s’éteint comme un bras que l’on ne lève plus », a-t-il lancé.

Dans cette perspective, le chef de l’État a appelé les jeunes à puiser dans leur héritage culturel pour mieux affronter les transformations du présent. Il a notamment rappelé la nécessité de savoir d’où l’on vient pour mieux déterminer la direction à prendre.

En installant le CCJS, Bassirou Diomaye Faye a ainsi confié aux jeunes une double responsabilité : participer davantage à la construction des politiques publiques et se préparer à un monde en mutation rapide. Une responsabilité qui, dans son discours, repose autant sur la connaissance et l’innovation que sur le courage, l’éthique et le sens de la communauté.

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