Politique

Réponse à la lettre de mon frère et ami, Marcel MONTEIL (par Talla Sylla)

Ton GPS, notre boussole

Cher Marcel,

Je viens de lire, avec une profonde émotion, ton message pour la commémoration de tous les fidèles défunts. Tes mots sont un baume. En te lisant, je n’entendais pas seulement un prêche, mais la voix d’un compagnon de lutte, celle d’un frère avec qui, comme tu le sais, je partage tant les joies que les peines.
Ton image de « Jésus, notre GPS vers la maison du Père » est d’une pertinence bouleversante. Elle parle de direction, de foi, et d’une destination finale qui est la Paix.
Ce qui me touche au plus profond, Marcel, c’est la « magnifique coïncidence » que ce 2 novembre nous offre.
Au moment même où ta méditation s’élevait pour honorer la mémoire des disparus et raviver l’espérance de la résurrection, je me trouvais moi-même au cœur de cet hommage. J’ai répondu à l’appel vibrant de Sokhna Saïbata Aïdara, la Khalife de Serigne Abdoulaye Yakhine, pour nous rendre au cimetière de Bakhya.
Nos mains n’étaient pas jointes pour la prière, mais elles étaient au service de ceux qui reposent. Nous étions là, simplement, pour désherber, pour enlever les ordures, pour rendre à nos morts la dignité de leur dernière demeure.
Toi, par la Parole, tu confiais les âmes à la tendresse du Père. Nous, par le geste, nous honorions leurs corps. N’est-ce pas là, mon ami, la même source ? N’est-ce pas ce RESPECT absolu, ce fil d’or que nous tissons entre nos convictions, qui est le véritable ciment de notre “vivre ensemble” ?
Tu as mille fois raison : notre engagement religieux n’a jamais été une barrière. Il est l’étincelle.
En te lisant, je pensais à mon grand-père maternel, Serigne Ibrahima Samb, ce religieux si proche de Serigne Abdoulaye Yakhine. Je pensais à ma mère, qu’il a choisi de nommer Sokhna Mariama, du nom de la mère de Jésus Christ. Je revoyais ce jeune homme que j’étais, fréquentant les paroisses et les cathédrales, chantant des cantiques avec des frères chrétiens, sentant déjà que nos routes, bien que distinctes, menaient vers la même lumière.
Hier, 1er novembre, je communiais avec des frères et sœurs chrétiens pour la Toussaint. Aujourd’hui, je nettoie un cimetière musulman sous la conduite d’une Khalife. Et aujourd’hui encore, je reçois ton texte, ce GPS spirituel qui me confirme que nous ne nous sommes jamais égarés.
Marcel, ton appel à suivre le Christ comme “Chemin, Vérité et Vie” résonne avec mon propre appel, celui que je lance à tous nos compatriotes, au-delà de leurs croyances.
Le Sénégal, notre cher Sénégal, mérite cette communion que tu décris. Il mérite l’union des cœurs, l’entente de ses enfants tournés résolument vers une société d’équilibre, de justice et de pardon.
Ton texte n’est pas seulement un hommage aux morts, c’est une leçon pour les vivants. Il nous rappelle que la seule “œuvre” qui nous suivra, comme le dit l’Apocalypse, est celle de l’amour et du respect.
Merci pour cette lumière, mon frère. Continuons, chacun avec notre GPS, mais tous sur la même route, à être des artisans de cette Paix et de cette Prospérité que nous appelons de tous nos vœux pour notre nation.
Reçois, mon cher Marcel, l’assurance de ma plus profonde et fraternelle affection.

 

Talla SYLLA

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