À l’ouverture de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), lundi à Dakar, le ministre de la Justice a plaidé pour une meilleure application des décisions, l’indépendance de la justice et la protection des libertés.
Les droits humains ne se mesurent pas au nombre de textes adoptés, mais à leurs effets sur la vie des citoyens. C’est le message porté par Me Moussa SARR, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, à l’ouverture de la 89e session ordinaire de la CADHP, au King Fahd Palace de Dakar.
S’exprimant au nom du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le ministre a insisté sur l’urgence de rendre effectifs les engagements des États. « Une recommandation restée sans suite laisse la protection inachevée, et un arrêt non exécuté affaiblit la confiance des citoyens », a-t-il déclaré.
Me Moussa SARR a décliné cinq priorités que sont l’application des décisions de la Commission, la protection de l’espace civique, la justice sociale et économique, l’indépendance de la justice et la prise en compte des nouveaux défis, notamment l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux, le changement climatique et l’apatridie.
Insistant sur le rôle des juridictions, il a rappelé que « sans juridictions solides, les droits et libertés ne sont pas protégés ». Il a également souligné l’importance de garantir l’accès à l’éducation, à la santé et à un emploi digne, particulièrement pour les jeunes.
Le ministre a, par ailleurs, appelé l’Afrique à faire valoir ses propres valeurs dans la régulation des nouvelles technologies et à renforcer la sensibilisation aux droits humains, notamment par leur enseignement dans les écoles et les langues nationales.
Quarante ans après l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le défi reste celui de l’effectivité. Pour le Sénégal, qui a contribué à l’histoire de ce texte à travers les travaux préparatoires tenus à Dakar en 1979 sous la présidence du juge Kéba MBAYE, l’enjeu est désormais de transformer les engagements juridiques en garanties concrètes pour les populations.




