De la tricherie à l’ école à la fraude au Sénégal.
De plus en plus on s’ inquiète des proportions inquiétantes de la tricherie dans nos écoles. Le mal persiste et fait peur dans la mesure où il est devenu une plaie béante qu’ il urge de panser. Si on y prend garde elle deviendra, si elle ne l’est pas encore, un cancer en phase terminale.
A cette métastase, la société ne survivra point. De piètres médecins, de médiocres professeurs, de faux ingénieurs et j’ en passe, inonderont le service public et mettront en péril la vie des honnêtes sénégalais qui n’ auront que leurs yeux pour constater la catastrophe. Des générations et des générations payeront un lourd tribut dans ce désastre qui relèvera certainement de l’ indicible.
A Thiès, le procureur, sans doute par souci d’ apaisement, a relaxé la trentaine de potaches qui avait été épinglés par l’ enquête. Selon des langues indiscrètes il les a tancés et les a mis en garde. Mais il faut, après cette décision que l’ on peut comprendre, au regard du contexte, aller jusqu’ au bout. Ce serpent à plusieurs têtes il faut le tuer partout dans le pays avant qu’ il ne nous dévore tous. Que toutes celles et tous ceux qui sont impliqué (e)s dans cette sordide entreprise de tricherie répondent de leurs actes.
Personne ne doit être protégé pour une telle ou autre raison. Le Sénégal, lentement et doucement est entrain de devenir un pays de fraude, de tricherie et de dissimulation. Il est temps que ce fléau qui porte un sacré coup à notre cher pays soit combattu avec vigueur, que tout le monde s’implique pour juguler ce mal qui pollue l’ atmosphère et qui remet en cause notre légendaire intelligence. Depuis belle lurette le Sénégal, petit de par sa taille, ne cesse de devoir sa grandeur à son école, à ses hommes de science, à ses savants, à ses érudits, à ses hommes politiques de valeur.
Bref à ses fils et filles qui brillent de mille feux au quatre coins du monde. Leur savoir et leur renommée ont été acquis au bout d’ une dure labeur et non par des raccourcis honteux et dégradants. Ce sont ces modèles qu’ il faut promouvoir pour faire comprendre aux élèves qu’ à vouloir vaincre sans péril, on triomphe sans gloire” pour paraphraser Corneille.
Ressaisissons nous avant qu’ il ne soit trop tard. D’ abord pour ne pas être complices de cette rupture d’ égalité dans nos écoles, ensuite pour ne pas favoriser la médiocrité et e fin pour remplir fidèlement notre mission d’ homme dont la conscience est forcément interpellée par les questions essentielles de son temps. Sartre disait : ” Un homme, c’ est avant tout une époque”.
Alors, mobilisons nous pour ne pas comparaître demain devant le tribunal de l’ histoire. Il faudra, par ailleurs oser réformer l’ enseignement et à tous les niveaux. Des programmes aux méthodes d’ évaluation. Et ce sera une arme redoutable dans ce combat qui engage la responsabilité de toute la communauté.
LE CITOYEN, Amadou Tanor Dieng (Professeur au Lycée Malick Sy de Thiès)




