Contribution – Radioscopie sur les violences exercées sur les Enseignants par Malcom, perfectible Seck

Une estime débordante a depuis longtemps servi de pont entre l’enseignant et son élève. Cette relation huilée, longtemps portée
au pinacle est arrivée aujourd’hui au carrefour de la haine et des frustrations où la violence est devenue le maitre mot dans la
relation qui lie l’enseignant et l’élève.

De prime abord, il convient de montrer que beaucoup sont devenus ce qu’ils sont car ils nourrissaient une grande estime envers
ceux qui leur transmettaient le savoir.L’histoire de Patrice qui, aujourd’hui est devenu professeur d’Anglais au CEM Ndramé
Escale en est une parfaite illustration. Car, Patrice, grâce à l’estime qu’il portait en vers son professeur, profitait de son absence et
se mettait dans la peau de ce dernier pour faire un cours d’Anglais devant ses camarades de classe. Un cours plein de comédie car
il l’imitait à la perfection.

Le temps passait et l’estime s’intensifiait. Il obtint son BAC et poursuivit ses études universitaires au département d’Anglais de
l’université cheikh Anta Diop. A l’université, Patrice réussit avec brio au concours de l’école normale supérieure. Cette anecdote
montre que la bonne relation qui existait entre l’élève et son enseignant était parmi tant d’autres facteurs, la conséquence directe
des bons résultats obtenus dans le passé.

Cependant, nombreux sont les éléments qui contribuaient à la réussite des élèves et qui semblent aujourd’hui s’écrouler dans le
royaume de l’enseignement où la haine, la violence et le manque de respect sont au cœur de la relation élève et enseignant.
Aujourd’hui, il est fréquent d’entendre parler de violences exercées sur des enseignants. L’école, qui à l’époque était un lieu
d’apprentissage, de communion et même de confession se transforme aujourd’hui en champ de bataille. Les exemples sont légion.
Le dernier acte ignoble s’est passé la semaine dernière au lycée Blaise Diagne où une dame, professeur d’éducation physique a été
tabassé par une élève de 5 ieme .

En effet, ce comportement s’explique par le simple fait que l’élève qui, auparavant apprenait sous la contrainte, est devenu
aujourd’hui roi. A cela s’ajoute l’indiscipline notoire et le manque de volonté de certains élèves.
Dans la même dynamique, certains parents non avertis jettent le discrédit sur l’enseignant en soutenant l’enfant dans ses
pratiques ignobles et monstrueuses.
Dans un pays où certains parents ont failli à l’éducation de leurs enfants, l’instruction se présente comme une équation à plusieurs
inconnues qu’il faut résoudre.

Dans un pays où l’enfant se meut dans un environnement caractérisé par le champ lexical de la violence, il grandit violent et fait
de la violence son affaire quotidienne.

Dans un pays où la violence intervient dans les discours les plus banals, l’enfant s’essaie.
Dans un pays où la violence sévit au quotidien dans son environnement le plus immédiat, l’enfant s’essaie.
Autant d’éléments pour montrer que les violences à l’école ne sont que la conséquence de l’éclatement d’une société qui a rompu
avec ses valeurs cardinales.
Toutefois, la responsabilité incombe aussi à certains enseignants, qui dans leurs démarches rigoureuses, se mettent dans la peau
du commissaire de police pour gérer ses troupes. Or, l’école devrait se présenter non seulement comme un lieu d’instruction où le
respect est mutuel mais aussi un jardin d’enfant ou l’enseignant communie avec ses élèves.
Encore plus loin, l’état qui devrait être garant de la sécurité de ses agents semble stérile face à cette situation.
Comme j’ai l’habitude de le dire « Quand le lézard pénètre le mur c’est parce que le mur s’est lézardé»
Cette question sur la violence qui, depuis des jours est au centre des vifs débats polémiques et même controverses peut se
présenter d’une autre forme dont celle verbale qui affecte négativement l’intégrité de l’enseignant.
Au-delà de la violence physique que subit l’enseignant, ce dernier fait face à une campagne de stigmatisation, de moqueries et de
diabolisation. Ce phénomène est à l’origine de la désacralisation de la fonction enseignante.

« Dans un pays où l’enseignement saigne, l’émergence s’éloigne »

Et Vu le rôle primordial qu’il joue dans la société, plusieurs penseurs se sont servis de leur plume pour rendre un vibrant
hommage aux enseignants « Il y’a des métiers si nobles, qu’on ne peut pas les faire pour de l’argent sans se montrer indigne de les
faire, tel est celui de l’homme de guerre, tel est celui de l’instituteur » Rousseau.
Cette phrase est belle mais il faut aussi préciser que dans un pays où les prix sont sur la pente de l’inflation, l’argent compte
beaucoup car le boutiquier ne fait pas de distinction sur les clients.
Mariama Ba lui emboîta le pas ainsi « les enseignants ceux du cours maternel autant que ceux des universités forment une armée
noble aux exploits quotidiens, jamais chantés, jamais décorés, armée toujours en marche, toujours vigilante. Armée sans tambour,
sans uniforme rutilant. Cette armée la, déjouant pièges et embûches, plante partout le drapeau du savoir et de la vertu »
En un mot comme en mille, l’école doit nous unir mais pas nous désunir car nous formons la communauté éducative.

 

Malcom, perfectible Seck

 

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