El Hadj Samba Diao -« Il faut une union sacrée autour de Serigne Mountakha Mbacké »

(Dakar) Le coordonnateur de la Mosquée Massalikoul Djinâne et de la fédération des Dahiras de Dakar, El Hadj Samb Diao revient dans cet entretien accordé à IGFM en marge de la journée de « Sant Serigne Touba », organisé à Dakar, sur la dernière sortie du khalife général des Mourides Serigne Montakha Mbacké contre ceux qui bravent les interdits de la ville sainte, l’affaire Aliou Sall et l’organisation du pèlerinage à la Mecque de 2019.

En tant que chef religieux et coordonnateur de la Mosquée Massalikoul Djinâne, comment appréciez-vous la dernière déclaration du khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké contre ceux qui bravent les interdits de la ville sainte de Touba ?

Serigne Mountakha est quelqu’un de très bien. Chacun devait lui rendre la pièce de la monnaie. Il a toujours suivi les recommandations de ses défunts pères. Serigne Saliou, Serigne Bara. Après la disparition de ces khalifes, le premier khalife des petit-fils, à savoir Serigne Bara, Serigne Sidy Mokhtar, on le voyait toujours se prosterner devant ces khalifes. J’invite les talibés à faire une union sacrée autour du khalife général Serigne Montakha. Parce que lui, c’est l’incarnation pure de Serigne Touba. Ils doivent pouvoir taire ces querelles, ses ambitions personnelles et être à son service, qui est celui de Serigne Touba. Tout le monde a eu honte quand il a parlé. On sentait qu’il n’était pas content de certains comportements et qu’ils ne voulaient pas aussi blesser. Chacun doit éviter cela et se comporter d’une façon correcte et suivre les recommandations de Khadimou Rassoul. Sinon la sanction sera dite à l’endroit de toute personne qui va enfreindre qui les lois de la cité religieuse.

L’actualité est dominée par l’Affaire Aliou Sall-Frank Timis, quel commentaire en faites-vous ?

Il faut être mesuré sur l’affaire Aliou Sall. Les gens vont vite en besogne. Par un reportage de BBC on l’accuse d’avoir reçu de fonds de la part de Frank Timis. J’ai des réserves sur  ça. Je suis un administratif, mais je suis un religieux. Je ne peux pas affirmer ou confirmer ce que la BBC a dit. D’autant plus que quand j’ai suivi le reportage, les mis en cause ne sont pas intervenus dans le reportage. Je ne sais pas pourquoi. Après tout cela, quand le procureur s’est saisi du dossier, j’ai dit que tout le monde doit se calmer et laisser le soin au procureur de diligenter l’enquête qui a été confiée d’une part à la DIC et d’autre part à la Section de recherche de la Gendarmerie. Ce sont deux entités qui sont tellement futées pour faire sortir tous les éléments concourant à ressortir la vérité. Mais malheureusement, ça parle beaucoup dans tous les sens. Chacun est devenu un professionnel du pétrole. Ce qui tout le monde souhaitait, c’est que la justice soit saisie. Cela est fait. Ce soi-disant scandale, c’est les gens qui le disent. Mais est-ce que c’est un scandale. Il faut laisser tout cela entre les mains de la justice, qui va donner des éclaircissements. La population n’est pas dupe. La justice nous dira quel est le degré d’implication de chacun. C’est mon avis. Laisser la justice faire son travail.

Vous êtes également un des acteurs clefs dans l’organisation du pèlerinage à la Mecque, où en êtes-vous dans les préparatifs?

Le pèlerinage se passe bien. Au temps, il y avait un Haut Commissariat du Pèlerinage qui s’occupait de cela pour deux à trois mois. Maintenant c’est une délégation général qui s’occupe du pèlerinage en temps plein. Vraiment, ça été réformé dans  tous les sens. Il y a un cahier de charges qui a été mis en place. Qui définit les principaux axes du pèlerinage. D’une part les attributions de la délégation du pèlerinage et les attributions de la délégation sur le privé. Aujourd’hui, le privé est à 95% de l’effectif à convoyer. Ce qui veut dire c’est un secteur qui est en train de se moderniser. Certes on n’aura pas un pèlerinage à 100% de réussite, mais on peut estimer à 80% que ce pèlerinage va aller de l’avant.

Présentement tout est bouclé, les quotas ont été donnés. Que ce soit la délégation ou les voyagistes, ils ont rempli leurs quotas. Ce qui reste, c’est les démarches administratives pour obtenir le visa sur le portail électronique, les contrats avec les hôtels, tout est ficelé. Donc en un mot, si cela continue comme ça, il n’y aura pas de problème. Les départs sont prévus en mi-Juillet.

Le pèlerinage est très complexe. Tu peux aujourd’hui dérouler à 100% et demain avoir un fait bloquant, provenant de la restauration ou d’un bus qui est en panne. Cela va provoquer le tollé général. Je dis aux gens d’être patients. Souvent, quand il y a un fait indépendant de la volonté des organisateurs, qu’ils fassent preuve de patience et de confiance au Délégué général et aux voyagistes privés, qui sont des gens bien aguerris pour ces genres de voyages religieux.

IGFM

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