Focus sur les événements politiques qui ont marqué l’année 2019

L’année 2019 tire à sa fin.  L’année 2020  pointe son nez à l’horizon. Regard sur le rétroviseur des événements politiques qui ont marqué les esprits en 2019.   

 Présidentielle 2019 : Macky Sall reste au pouvoir

Jeudi 28 février vers 13 h 35 heure locale, le juge Demba Kandji a officiellement proclamé la victoire au premier tour du Président sortant, Macky Sall, à l’élection présidentielle de 2019. Le candidat de la Coalition Benno Bokk Yakkar est déclaré vainqueur avec 58,27 % des suffrages. Loin devant l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, arrivé deuxième avec 20,50 % des voix. En troisième position, le député Ousmane Sonko a raflé 15,67 %, le président d’université privée Issa Sall arrive quatrième avec 4,07 % et l’ancien ministre Madické Niang ferme la marche avec 1,48 %. Le taux de participation a été de 66 %.

Pour rappel, l’instauration du système du parrainage a fait la particularité de l’élection présidentielle de 2019. Le Conseil constitutionnel sénégalais a publié le 14 janvier la liste des quatre candidats qui devaient face au président sortant Macky Sall lors du scrutin présidentiel.

Et il faut le dire, la validation de la candidature de Madické Niang de la coalition Madické 2019 avait créé la surprise.

S’agissant de Khalifa Sall et Karim Wade, recalés lors de la publication de la liste, ils ont fait tous les deux les frais de leur condamnation à des peines de prison ferme.

Ousmane Sonko, l’étoile montante

Très critique envers le pouvoir, Ousmane Sonko n’hésite jamais à partager son point de vue en public. C’est d’ailleurs ce qui est à l’origine de sa radiation de la fonction publique sénégalaise. Aujourd’hui député à l’Assemblée nationale, il veut être le plus jeune à accéder à la magistrature suprême. Pour sa première participation à une élection présidentielle, il a fait une percée considérable, terminant 3e derrière Macky Sall et Idrissa Seck.

Le poste de premier ministre supprimé

Dès le début de son second mandat, le président Macky Sall a apporté une réforme très controversée dans l’organisation du gouvernement. Il a  supprimé le poste de premier ministre. Mardi 14 mai, un communiqué du gouvernement indique que « M. le président de la République a promulgué ce jour la loi constitutionnelle portant suppression du poste de premier ministre ».

Macky Sall avait surpris son monde en annonçant cette réforme, qu’il n’avait pas évoquée pendant la campagne pour la présidentielle du 24 février, deux jours après avoir prêté serment pour un second mandat début avril. Elle a été adoptée par les députés le 4 mai à une très large majorité.

Selon le communiqué du gouvernement, les 32 ministres et trois secrétaires d’Etat, nommés le 6 avril, sont tous reconduits, sans leur ancien chef Mahammed Boun Abdallah Dionne, homme de confiance de Macky Sall, qui restera son bras droit en tant que secrétaire général de la présidence de la République.

Ouverture du «dialogue national» sans le PDS

C’est une tradition instaurée par le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, en 2016. La journée du 28 mai est, chaque année, consacrée au dialogue national, un processus différent du dialogue politique. Tous les acteurs, notamment ceux de la société civile, sont donc invités à la présidence. Au sein de la classe politique, l’opposition n’est pas totalement soudée. Une partie a accepté la main tendue, mais le PDS d’Abdoulaye Wade est le grand absent de cette journée.

Dès l’annonce officielle de sa victoire en mars dernier, Macky Sall a lancé son appel au dialogue et proposé à Abdoulaye Wade de l’accompagner. Mais l’ex-président a sèchement refusé en indiquant que des discussions seront possibles à deux conditions : que le procès de son fils Karim soit révisé, que Khalifa Sall soit libéré. Au sein du Parti démocratique sénégalais, c’est donc le silence radio.

Réunis au sein du front de résistance nationale, les quatre candidats de l’opposition à la présidentielle – Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Issa Sall et Madicke Niang – ont accepté de se faire représenter pour cette journée par Mamadou Diop Decroix. Un signe d’ouverture alors que les désaccords avec la majorité sont multiples et que le dialogue politique, qui se déroule en parallèle, est en phase d’organisation.

Pour Macky Sall, cette journée nationale de dialogue vise avant tout à présenter ses objectifs politiques pour son second mandat : notamment « sur la prolongation de son plan Sénégal émergent, sur les enjeux liés à la découverte du pétrole et du gaz ». S’il indique être dans la recherche du consensus, Macky Sall l’a prouvé en supprimant sans concertation le poste de Premier ministre : il souhaite également aller très vite.

Scandale Aliou Sall : le frère du président Macky Sall soupçonné de corruption

L’année 2019 est également marquée par les révélations de la chaine britannique BBC sur des transactions et des paiements douteux sur le pétrole impliquant BP, Frank Timis et le frère du président de la République.

Aliou Sall est accusé par la BBC d’avoir touché à des pots-de-vin lors de l’attribution de deux champs pétroliers et gaziers. À l’époque, Aliou Sall était salarié de l’homme d’affaires Franck Timis, qui a obtenu les concessions au large du Sénégal. Ce ne sont pas les premiers soupçons de corruption à l’encontre d’Aliou Sall, qui rejette ces accusations et menace de porter plainte alors que le média britannique diffuse pour la première fois des documents confidentiels.

C’est en 2012 que l’homme d’affaires Franck Timis a obtenu deux concessions de gaz et de pétrole. Deux contrats validés par le président sénégalais Macky Sall. La BBC publie un email de Franck Timis daté de 2014. L’homme d’affaires indique que 250 000 dollars doivent être versés à l’État sénégalais pour payer des taxes, sauf que l’argent, affirme le média britannique, atterrit sur le compte d’une société, Agitrans, qui est dirigée par Aliou Sall.

Les avocats du frère de Macky Sall ont démenti ces accusations de corruption et menacé de porter plainte contre la BBC. En 2016, la multinationale britannique BP a racheté les concessions sénégalaises de Franck Timis pour 250 millions de dollars. Nos confrères publient l’accord confidentiel entre les deux parties : il est indiqué que Franck Timis va toucher de BP dans les 40 prochaines années entre 9 et 12 milliards de dollars de redevances.

Khalifa Sall Gracié

Le président de la République, Macky Sall, a gracié l’un de ses principaux rivaux politiques, Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar en détention depuis mars 2017, et condamné en août 2018 pour détournement de fonds publics et faux.

En prison depuis deux ans et demi, l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall a été remis  liberté, dimanche 29 septembre, à la faveur d’une grâce présidentielle, et a été acclamé par une foule en liesse lors d’une traversée nocturne de la capitale sénégalaise.

Réclamée par les soutiens de ce rival du président sénégalais Macky Sall, la libération de Khalifa Sall, a surpris les Sénégalais, bien qu’elle intervienne dans un contexte de décrispation politique orchestrée par des chefs religieux musulmans.

Dès la nouvelle connue, ses partisans se sont massés devant la prison de Rebeuss à Dakar, d’où Khalifa Sall est sorti vers 20 h 00. Ils ont ensuite accompagné son convoi à travers plusieurs quartiers de la capitale, dont Grand Yoff, bastion électoral de ce socialiste de 63 ans.

Macky Sall et Abdoulaye Wade scellent leur réconciliation

« Le président de la République, Macky Sall et le président Abdoulaye Wade se réjouissent de la rencontre empreinte de fraternité et de sérénité», on peut dire que c’est ave cette déclarations de Mayoro Faye du parti démocratique Sénégalais  que l’ancien président Abdoulaye Wade et le chef de l’État Macky Sall ont voulu sceller leur réconciliation ce samedi 12 octobre en se rencontrant au Palais présidentiel. Il faut noter qu’un réchauffement des relations avait débuté lors de l’inauguration de la mosquée Massalikul Jinaan à Dakar fin septembre, devant le Khalife Général des mourides.

Décès de Ousmane Tanor Dieng et de Amath Dansokho

L’année 2019 a souvent été assombrie par la mort de personnalités politiques qui ont marqué l’histoire.

Ousmane Tanor Dieng

Pour les sénégalais, c’est un pan de l’histoire politique qui a disparu le 15 juillet 2019 avec le décès d’Ousmane Tanor Dieng, en France, où il était soigné. À 72 ans, il dirigeait toujours le Parti socialiste sénégalais, et portait depuis le début des années 2000 l’héritage des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf.

Le président a d’ailleurs réagi à la disparition d’Ousmane Tanor Dieng et indiqué dans un communiqué : « Le Sénégal vient de perdre un homme d’État d’une dimension exceptionnelle, un exemple d’abnégation, un modèle d’engagement politique ».

Amath Dansokho

Le ministre Amath Dansokho, figure majeure de la vie politique sénégalaise depuis plus de 60 ans, opposant aux présidents Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, est mort dans la soirée du vendredi 23 août à Dakar. Né le 13 janvier 1937 à Kédougou, dans le sud-est du pays, il est décédé à 82 ans des suites d’une maladie.

Dansokho « aura été de tous les combats et marqué notre histoire politique et sociale contemporaine pour son rôle éminent et historique de lien entre plusieurs générations d’acteurs politiques, de grand rassembleur infatigable », a dit M. Sall dans un communiqué

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