La finale rêvée n’est plus un songe, elle est une réalité incandescente. Les Lions de l’Atlas ont rejoint les Lions de la Teranga. Le décor est planté pour l’acte final.
Nous montons sur Rabat.
Nous marchons vers cette terre chargée d’histoire, vers ce Ribat Al Fath, ce “Camp de la Victoire” fondé par les Almohades. Si cette forteresse fut jadis le refuge des exilés et la capitale des rois, elle sera ce dimanche le théâtre de notre sacre. Nous y allons avec une intention claire : rabattre le caquet de tous les Cassandres et terminer en beauté cette symphonie marocaine.
Ce ne sera pas un simple match, ce sera notre propre “Game of Thrones”.
Non pas la fiction de Westeros avec ses dragons et ses Marcheurs Blancs, mais la réalité brute du football africain avec ses génies et ses guerriers. Dans cette lutte pour le Trône d’Or de l’Afrique, les grandes familles nobles du football continental se sont affrontées, et il ne reste plus que deux prétendants.
C’est une fête entre frères, certes. Le respect est mutuel, l’affection est réelle. Mais nos hôtes, qui vivent dans un Royaume, connaissent mieux que quiconque cette loi immuable du pouvoir : on ne peut s’asseoir à deux sur un même trône.
L’histoire naturelle nous rappelle étrangement que le Lion de l’Atlas, le Panthera leo leo, s’est éteint à l’état sauvage. Il appartient à la légende et à la mémoire.
Le Lion de la Teranga, lui, est bien vivant. Il règne sur la savane, il chasse, il conquiert. Dimanche, il s’agira de prouver que la vitalité du présent l’emporte sur le prestige du passé.
Que le spectacle commence.
Que la fraternité illumine les tribunes, mais que l’intransigeance règne sur la pelouse.
Il n’y a qu’une couronne. Et elle est destinée à rester sur la tête de celui qui rugira le plus fort.
En avant pour la gloire !
Talla SYLLA




