Tourisme – « Assainir le secteur avant la classification »

Le ministre du Tourisme et des Transports aériens, le Dr Alioune Sarr, a procédé le 11 mai dernier, au lancement de la mission de classement des établissements touristiques. Une occasion pour lui, de souligner l’importance de ce classement. Selon M. Sarr, cette mission de classement des établissements touristiques au Sénégal reste une tâche essentielle pour l’attractivité et la visibilité de l’offre touristique du Sénégal au monde. Cette démarche du ministre, a suscité des réactions chez certains professionnels du secteur qui ont joint IGFM.

 « Assainir le secteur avant la classification»

Pour ces professionnels : « la classification des hôtels n’est pas une priorité. Ce qui devait être la priorité c’est l’assainissement du secteur. L’ancien ministre Mame Mbaye Niang avait pu faire adopter un avant-projet de loi pour assainir le secteur, les activités et les professions touristiques. Le nouveau ministre devait travailler pour l’adoption de ce cadre légal et réglementaire. Après cela, il peut continuer son travail».

A en croire, nos interlocuteurs : « Le classement a été toujours fait, mais cela n’aboutit à rien. Il y a des auberges et autres appartements meublés, c’est un manque à gagner pour l’Etat. Ils ne paient pas de taxes. La clasification va coûter à l’état 50 millions FCFA. Normalement ce sont les hôteliers qui doivent prendre cela en charge».

 « Inexistence du référentiel de classement »

Autre problème soulevé par ces acteurs, le référentiel de classement. « Au Sénégal, on n’en a pas. On utilise les normes de la Cedeao qui sont obsolètes. On a fait deux ateliers pour mettre à jour le référentiel de la Cedeao, si on veut réviser, c’est la Cedeao qui doit le faire. Il faut un texte juridique pour adopter le référentiel de classement des établissements hôteliers. Tout cela n’a pas été fait » regrettent-ils.

 « Oui à la promotion des cadres et non au recyclage »

Au niveau du ministère, on risque d’assister à une frustration généralisée des cadres, si le nouveau ministre, Aliou Sarr, ne fait pas leur promotion. « Il y avait des directeurs qui étaient mis au frigo par l’ancien ministre Mame Mbaye Niang pour insuffisance de résultats. Au lieu qu’ils viennent travailler, ils restent chez eux à ne rien faire ; le nouveau ministre est en train de les recycler. Alors que les cadres qui sont là veulent être promus, cela créé des frustrations » préviennent nos interlocuteurs. Car, soutiennent-ils : « Un directeur national doit être un cadre, un Bac+4. Ici les cadres ont un niveau BTS promu à des postes de directeur. On pensait qu’avec l’arrivée de Dr Alioune Sarr, tout cela allait être changé, mais malheureusement tel semble ne pas être le cas pour l’instant ».

L’Aspt a du mal à collecter la TPT

« L’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT) mise sur la taxe de promotion touristique (TPT). Chaque nuitée représente 1000 F de taxe. L’agence a du mal à collecter cette taxe » disent-ils. « Sans cela, elle a du mal à faire son travail de promotions. Ce qui amène cela, on dit 1,6 millions d’arrivées de touristes, alors qu’il y a moins de taxes collectées, ce qui veut dire qu’il y a certains sites d’hébergement qui ne sont pas contrôlés par l’Etat. Les maisons meublées font une concurrence déloyale aux hôtels.

Il y a beaucoup de potentialités inexploitées, il y a beaucoup de niches, le tourisme pouvait s’auto financer, le secteur n’est pas maitrisé, il faut donner le secteur aux cadres qui sont là » plaident ces professionnels du secteur.

 

IGFM

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