Le gouvernement du Gabon a rapidement instauré un couvre-feu et coupé Internet, samedi soir, après la fermeture des bureaux de vote, au terme d’une journée durant laquelle les Gabonais étaient appelés aux urnes pour élirent leur nouveau président.
Samedi soir le gouvernement a coupé internet et instauré un couvre-feu au Gabon en invoquant des risques de violences, peu avant la fin de la présidentielle opposant le sortant Ali Bongo Ondimba à son principal opposant, Albert Ondo Ossa, qui venait de dénoncer des “fraudes” et d’exiger d’être proclamé vainqueur à l’issue du scrutin.
Résigné à ce que cette élection se passe en toute blancheur, Albert Ondo Ossa avait également demandé après avoir voté, de filmé en direct sur les réseaux sociaux le dérouler des votes afin de palier à toute fraudes. Mais deux heures à peine plus tard l’internet a été coupé et le ministre de la Communication, Rodrigue Mboumba Bissawou, a annoncé à l’antenne de la télévision d’État que le gouvernement instaurait un cessez-le-feu nocturne de 19h à 6h à compter de dimanche et l’obligation de demander une autorisation trois jours avant d’organiser toute réunion ou manifestation en confirmant par là même occasion la suspension immédiate d’internet jusqu’à nouvel ordre et ce sur toute l’étendue du territoire. Invoquant pour ce faire, au nom de l'”intérêt supérieur de la Nation”, la nécessité de parer aux “appels à la violence” et aux “fausses informations” dans les réseaux sociaux, et de “prévenir tout débordement et assurer la sécurité” des populations.
Dans la soirée, la chaîne de télévision publique a annoncé que la fermeture de certains bureaux de vote avait été repoussée de plusieurs heures, nombre d’entre eux n’ayant ouvert que très tardivement en raison notamment de l’absence de matériel de vote. Par la suite, citant le Haute Autorité de la Communication (HAC), elle a en outre annoncé “l’interdiction provisoire de diffusion au Gabon des médias France 24, RFI et TV5 Monde” auxquels il est” reproché un manque d’objectivité et d’équilibre dans le traitement de l’information en lien avec les élections générales en cours”.
Abdoul Karim MABOUMBA NGUER (Stagiaire)




