Malgré un ratio de la dette estimé à 132 % du Produit intérieur brut (PIB) à fin 2024, et la suspension du Programme du Fonds monétaire international (FMI) entre 2024 et 2025, l’économie sénégalaise est restée viable après deux ans de gouvernance du président de la République Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre, Ousmane Sonko. En dépit d’un héritage financier jugé « chaotique », le duo a réussi à maintenir le pays sur les rails, ceci avec une confiance renouvelée des bailleurs tant sur le plan régional qu’international.
Début de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029), l’année 2025 reste historique sur le plan économique. Car elle marque le démarrage de l’exploitation du gaz, de la production de pétrole en année pleine et de l’ouverture d’une quatrième cimenterie.
Au titre des finances publiques, il convient de noter que pour réduire le déficit budgétaire, le gouvernement a misé sur le renforcement de la mobilisation des ressources internes et une meilleure maîtrise des dépenses publiques. Dans le domaine du financement de l’économie, la baisse de 25 points de base des taux directeurs de la Banque centrale a facilité l’accès au crédit.
D’ailleurs, au-delà de ces mécaniques de mobilisation de ressources traditionnelles, l’État a innové en lançant pour la première fois des appels à l’épargne publique tant en interne qu’en externe avec la diaspora sénégalaise.
Le Sénégal lance son premier appel public à l’épargne
Pour financer les besoins budgétaires de l’État, conformément à l’autorisation parlementaire prévue par la Loi de finances initiale, et à l’accompagnement des priorités économiques et sociales inscrites dans l’agenda national de transformation, le ministère des Finances et du Budget a lancé, depuis le 26 février 2026, le premier appel public à l’épargne (APE) de l’année, portant sur une émission obligataire de l’État du Sénégal, d’un montant cible de 200 milliards de FCFA.
Cette opération, arrangée par la société de gestion et d’intermédiation Invictus Capital & Finance, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme et du plan de financement de l’État pour l’année 2026. Elle contribue également à l’approfondissement du marché financier sous-régional.
Pour rappel, le premier emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) a été lancé le 28 mars 2025, pour un montant de 150 milliards de FCFA. Et durant la même année, quatre appels ont été initiés et le montant total mobilisé s’élève à 560 milliards de FCFA, dépassant largement l’objectif initial de 400 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 140 %.
Plus de 2 200 milliards levés sur le marché de l’Umoa en 2025
En dehors de ces appels publics à l’épargne, l’État du Sénégal s’est appuyé durant ces deux dernières années sur le marché financier régional, notamment à travers l’agence Umoa-Titres. Ainsi, le pays a poursuivi sa dynamique de succès sur ce marché. En 2025, 2 225 milliards de FCFA ont été levés. Pour 2026, 2 700 milliards de FCFA sont visés.
Une bonne réputation auprès des bailleurs internationaux
Il urge de relever que, malgré la dette cachée par le régime précédent, le Sénégal fait partie des pays qui jouissent encore d’une bonne réputation auprès d’institutions comme la Banque mondiale. C’est ce qu’a soutenu le vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, dans un entretien accordé au Soleil et publié dans notre édition du 19 février 2026.
D’ailleurs, le 6 novembre dernier, des avancées significatives ont été notées à la fin d’une mission du Fonds monétaire international (FMI).
Sous la conduite du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, les négociations pour un nouveau programme, officiellement lancées à Washington, se sont poursuivies à Dakar. Des progrès significatifs ont été enregistrés sur les principaux axes. Il s’agit principalement de la Loi de finances initiale (LFI) 2026, de la consolidation budgétaire et des réformes de la gestion des finances publiques.
À ce propos, il faut relever que la LFI 2026 s’inscrit dans la continuité de l’assainissement des finances publiques et marque la première année de mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), après l’adoption par l’Assemblée nationale du Code général des impôts modifié en 2025.
Une mobilisation exceptionnelle de 762,6 milliards de recettes additionnelles
Le PRES prévoit, selon le rapport de la Direction générale de la planification et des politiques économiques sur la situation économique et financière en 2025 et les perspectives 2026, la mobilisation exceptionnelle de 762,6 milliards de recettes additionnelles (3,3 % du PIB), grâce notamment à l’élargissement de l’assiette fiscale.
La mise en place des comités de maturation et de sélection des projets ainsi que l’opérationnalisation du Comité national sur la dette publique devraient, entre autres, selon le document, améliorer l’efficacité des investissements publics.
Le Sénégal devient officiellement le 78e actionnaire de la BERD
Il est aussi important de souligner qu’en 2025, le Sénégal est devenu officiellement le 78e actionnaire de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Une adhésion qui marque un tournant stratégique pour le rayonnement international du pays et l’élargissement de ses partenariats économiques. Elle témoigne, une fois encore, de la confiance renouvelée du pays.
Ainsi, en rejoignant la BERD, le Sénégal renforce son engagement en faveur d’une croissance durable, soutenue par l’investissement privé pour la transformation systémique de notre tissu économique. Sur ce, la BERD, à travers ses mécanismes de financement, ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises sénégalaises, en leur facilitant l’accès à des financements alternatifs adaptés à leurs besoins.




