Contribution – De Ndiassane à Médina Baye,l’Écho d’une Âme Noble (par Talla Sylla)

À l’heure où l’aube d’un jour nouveau se lève sur les terres bénies du Sénégal, la lumière de Rabi’ al-awwal ne s’éteint pas ; elle s’étire, pure et majestueuse, pour épouser la grâce du Gammuwaat. Dans l’effervescence spirituelle de Médina Baye, carrefour mondial de la Faydha Tidjaniyya érigé par Cheikh Al Islam Ibrahim Niasse, comme dans la quiétude sacrée de Ndiassane-La-Pieuse, sanctuaire bienheureux de la Qadiriyya fondé par Mame Cheikh Bou Kounta, résonne un seul et même écho : celui de l’amour indéfectible voué au Sceau des Prophètes. Disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul, je contemple ce rassemblement des cœurs avec la certitude intime que Ndiassane, Médina Baye et les autres foyers religieux ne sont que les nobles affluents d’un unique océan de miséricorde.


Servir cette communion a toujours été un sacerdoce, qu’il s’agisse de m’incliner devant la sagesse universelle de la Faydha ou d’avoir l’insigne honneur de tenir le volant, en humble éclaireur, pour conduire le vénéré Cheikh Bouh Sidy Makhtar Kounta vers la maison d’Allah. Dans cette fraternité sénégalaise qui transcende les voies soufies, le Gammuwaat est le sceau qui consacre notre appartenance à la même essence spirituelle, un baptême continu de l’âme où les dogmes s’effacent devant la splendeur du Prophète Mouhamed (PSL).


Pourtant, cette lumière ravive immanquablement les ombres d’un Dimanche sombre d’avril 2005, lorsque la faucheuse s’est abattue sur la route de Tataguine, arrachant à notre dimension terrestre mon frère et ami, Baye Ousmane Niasse. Fils de Serigne Modou Zeynab Niasse et confident de Serigne Mamoune Niasse, il portait en lui cet éternel sourire vrai et rassurant, reflet de la générosité sans limites de ses aïeux. Chaque Gammuwaat ramène son souvenir poignant, cette veillée surprenante à la lisière d’un Lundi Prophétique, où le deuil a percuté notre foi. La “115ème sourate jamais écrite” dont je parlais jadis se lit désormais dans la résilience de notre mémoire collective et dans la prière ininterrompue qui relie le monde des vivants aux collines éternelles.


Aujourd’hui, l’âme de Baye Ousmane Niasse vibre dans les zikrs qui s’élèvent de Médina Baye et dans les panégyriques qui font frissonner Ndiassane. En ce jour de grâce, que la baraka de Mame Cheikh Bou Kounta, l’effusion lumineuse de Baye Niasse et la bénédiction de Serigne Touba enveloppent nos chers disparus et fortifient nos guides dans leur noble mission de paix.

Talla SYLLA

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