Contribution – Financement des PME au Sénégal : Analyse de l’offre financière face à la demande (par AMATH SAKHO)

Mon article scientifique portant sur l’Alignement entre le Plan de redressement économique et social et les recommandations issues de mon mémoire de maîtrise sur le financement des PME au Sénégal : analyse de l’offre financière face à la demande.

Les petites et moyennes entreprises constituent aujourd’hui la basse du tissu économique du Sénégal . Elles constituent un point important dans le dynamisme de l’économie sénégalaise du fait qu’elles engendrent de l’innovation et de la créativité dans leurs secteurs d’activités. Elles jouent un rôle essentiel au niveau de la promotion viable et de la création d’emplois en participant très fortement au développement social, culturel et environnemental.

Ces entreprises peuvent bénéficier de mesure de facilité en ce qui concerne leur financement et doivent respecter les clauses contractuelles. Elles doivent être en règle avec l’administration fiscale, assurer une transparence totale dans la production des documents de gestion, répondre aux principes de gouvernement d’entreprise, bénéficier des mesures d’aide et de soutien. Pour ces entreprises, la tenue d’une comptabilité régulière et fiable est fortement requise et elles ont l’obligation de laisser auditer leurs comptes par un expert.
La promotion du secteur privé a été à l’origine du développement de bon nombre de pays industrialisés. Certains pays comme le JAPON ont axé leur croissance sur les PME généralement à caractère familial. C’est ainsi que la plupart des pays en voie de développement veulent imiter ces pays d’économie de marché, ce qui a
Des recommandations alignées au Plan de redressement économique et social du Sénégal en vue de restaurer la vocation de développement des PME.
RECOMMANDATION 1 : Pour permettre une meilleure visibilité du segment de marché des PME, les structures d’appui doivent, en plus des services non financiers qu’elles offrent aux PME, réaliser des études sectorielles et filières. En effet, le groupe de réflexion considère que les IMF et les banques n’ont pas d’intérêt stratégique à faire par exemple des études d’analyse des causes des échecs des projets financés dans la mesure où ces études sont coûteuses et, de plus, ces institutions ne sont pas sûres d’en tirer des profits.

RECOMMANDATION 2 : Par ailleurs, au regard de la nature des PME et de leurs besoins, nous estimons que les banques et les IMF, qui veulent intégrer le segment de marché des PME, doivent mettre en place de nouvelles gammes de produits.

Recommandation 3 : L’idée de développer des partenariats entre banques, IMF et structures d’appui a été approuvée et structurée .
Plusieurs raisons expliquent l’importance d’asseoir un cadre de partenariat entre les acteurs impliqués dans le processus de densification de la méso finance.
Les promoteurs des PME/PMI en l’occurrence les institutions financières doivent encourager et sensibiliser ces dernières à procéder à un réaménagement de leur cadre juridique, ceci passe par la sécurisation, l’efficacité, la diversification de leurs activités et surtout leur inscription régulière. Ce formalisme leur permet d’ouvrir un compte au niveau des institutions financières. Le compte les renseigne sur l’existence de l’activité et servira de base d’appréciation de la solvabilité et de la fidélité du client.
L’inscription leur permettra de se conduire en ” bon père de famille ” et à agir dans une légalité totale. Elle permettra également aux institutions financières d’avoir des statistiques fiables par rapport à leurs besoins et d’adapter l’offre de financement aux besoins qu’elles auront identifié.
Au plan fiscal, les principales mesures préconisées concernent :
-la réduction de la taxe sur les opérations bancaires : son taux pourrait être revu à la baisse parce que les PME souffrent du coût des crédits bancaires.
-Le réaménagement d’une fiscalité différenciée sur les ressources longues : il s’agit d’alléger le traitement fiscal sur les revenus des dépôts longs.
En ce qui concerne l’environnement financier, les banques lors des concertations ont demandé :
-la baisse du taux des réserves obligatoires ;
-la simplification des accords de classement ;
-leur participation aux travaux du comité national de crédit ;
-la prise en compte de la stabilité des comptes d’épargne dans le volume des ressources stables.
Il est souhaitable que les autorités financières procèdent au développement des sociétés d’investissement et des sociétés de crédit-bail pour permettre aux dirigeants des PME/PMI d’investir sans immobiliser beaucoup de fonds.
La création des banques spécialisées dans le financement de la PME
Une mise en place de commission chargée de l’organisation des rencontres avec les PME contribuera à l’amélioration de leurs relations quotidiennes et au rapprochement des deux parties qui en réalité sont condamnées à s’entendre. Ces rencontres permettront de dissiper certains préjugés et constitueront des cadres opérationnels pour la promotion des services et produits financiers.
Il serait judicieux de créer une structure chargée de :
-l’appui aux investisseurs nationaux et étrangers ;
-l’assistance conseil et suivi des entreprises ;
-la facilitation de l’accès aux marchés et aux crédits ;
-l’affectation et la gestion des sites d’implantation.
Afin de minimiser les risques du crédit et pallier l’insuffisance des garanties au niveau des PME, le développement de l’assurance-crédit est envisageable dans le cadre de la diversification des instruments de financement.
Il faut aussi faire comprendre aux dirigeants des PME que les informations à fournir aux institutions financières doivent être fiables pour que leurs demandes soient satisfaites.
Il faut signaler que l’épargne des émigrés pourrait constituer une véritable source de financement du secteur privé
En conclusion, ce plan de redressement économie et social du Sénégal constitue, sans équivoque, une alternative de bonne gouvernance , judicieuse et crédible pour générer des économies florissantes s’appuyant sur le développement durable des Petites et Moyennes Entreprises.
Ce plan de redressement pourrait être assimilé à la théorie de Rostow portant le décollage de l’économie : Le décollage est la période pendant laquelle la société finit par renverser les obstacles et les barrages qui s’opposaient à sa croissance régulière. Les facteurs de progrès économique, qui jusqu’ici n’ont agi que sporadiquement et avec une efficacité restreinte, élargissent leur action et en viennent à dominer la société. La croissance devient la fonction normale de l’économie. Les intérêts composés s’intègrent dans les coutumes et dans la structure même des institutions.
Les pertinentes orientations déclinées dans ce plan sont foncièrement adaptées aux aspirations des populations et définies à travers d’une approche multi-acteurs et multidisciplinaire en vue d’asseoir un cadrage logique et judicieux dans la mise en œuvre opérationnelle des actions confinées et arrimées aux indicateurs objectivement vérifiables.
Un plan de suivi et évaluation des indicateurs conformément aux livrables assignés est nécessaire qui accorde un signalement de haute facture portant sur les critères fondamentaux qui soutiennent ce dispositif de suivi évaluation notamment la pertinence, l’efficience ,l’efficience, la durabilité et l’impact dans toutes étapes séquentielles de la mise en œuvre stratégiques et opérationnelles des actions.

AMATH SAKHO
DOCTEUR EN SCIENCES ECONOMIQUES

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