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Guerre au Moyen-Orient : Le pétrole flambe, les pays africains entre profits et rationnement

Avec l’envolée du prix du brut, les pays africains exportateurs de pétrole et de gaz engrangent des profits records. Cependant, faute de capacité de raffinage suffisantes, ils demeurent pour la plupart contraints d’importer du carburant raffiné. Aux quatre coins du continent, pénuries, rationnements et subventions s’installent.

Cinq semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, rien ne semble pouvoir freiner la folle escalade des prix du pétrole et du gaz. Le baril de brut a de nouveau franchi, lundi 6 avril, le seuil symbolique de 110 dollars, malgré l’annonce dimanche d’une augmentation de la production mondiale pour tenter de juguler la crise. 

Cette hausse des prix – due à la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transitaient jusqu’alors 20 % des hydrocarbures – n’est pas sans conséquence pour le continent africain, dont la consommation de carburant dépend pour moitié des importations, avec des situations néanmoins contrastées.

Une manne financière pour quelques pays exportateurs

En théorie, les pays les plus résiliants face aux effets des crises énergétiques sont les pays exportateurs d’hydrocarbures. Ces derniers bénéficient mécaniquement de la hausse des cours mondiaux (plus de 50 % pour le pétrole et 70 % pour le gaz depuis le début de la guerre). 

Une situation particulièrement bénéfique pour l’Algérie – premier producteur de gaz et quatrième producteur de pétrole du continent – qui est aujourd’hui le seul pays africain à bénéficier d’une véritable autosuffisance énergétique. Les exportations d’hydrocarbures constituent de loin sa principale source de revenus (95 % des recettes d’exportation).

Premier producteur africain de pétrole, le Nigeria tire également son épingle du jeu, notamment grâce à la raffinerie Dangote, la plus grande d’Afrique, inaugurée en 2024 dans la banlieue de Lagos. En y augmentant fortement la production depuis le début de la guerre, le pays est parvenu à suspendre ses importations d’essence raffinée. Abuja continue néanmoins d’importer une partie de son diesel et de son kérosène, utilisés notamment pour compenser un réseau électrique défaillant.

Mais tous les pays producteurs ne sont pas logés à la même enseigne, alerte l’analyste de l’ONU Junior Davis, spécialiste de l’Afrique.

La plupart “manquent de capacités de raffinage nationales et réimportent des produits pétroliers raffinés à des prix plus élevés”, souligne-t-il dans un récent rapport, estimant que les pays africains exportateurs de pétrole pourraient ne tirer que des “gains limités” de cette crise.

Mesures d’urgence face à la hausse des prix

Parmi ces pays figurent l’Angola, la Libye, la Zambie, le Tchad, le Niger, le Soudan du Sud et le Gabon.

Certains se trouvent aujourd’hui dans une situation particulièrement difficile, comme l’Égypte, dont les réserves de pétrole et de gaz ont diminué ces dernières années et qui était déjà confronté à des difficultés d’approvisionnement du fait des attaques houthis en mer Rouge.

Frappé de plein fouet par la hausse des prix des hydrocarbures, utilisés pour le transport mais également la production d’électricité, le pays a été contraint d’imposer des mesures d’urgence : hausse des prix des carburants, couvre-feu commercial le soir, télétravail le dimanche ainsi qu’une réduction de l’éclairage public.

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