Si le vibrant témoignage d’Ousseynou Keita a su, avec brio, restituer la dimension athlétique et l’excellence pédagogique de notre regretté frère, je me dois aujourd’hui d’éclairer une autre facette de ce diamant brut de Diamaguène. Car Abou Sambou n’était pas seulement ce corps agile qui dominait les terrains ou cet esprit vif qui éclairait les salles de classe ; il était avant tout une âme élevée, ancrée dans une foi inébranlable.
Au-delà du sportif émérite et de l’enseignant respecté, j’ai eu le privilège de côtoyer l’homme de conviction. Abou était un fervent disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, un mouride “Sadikh” dont l’engagement n’était pas une posture, mais un sacerdoce.
Sur le terrain politique, nos chemins se sont souvent croisés, notamment dans les couloirs austères de la Direction Générale des Élections (DGE). Là, représentant le PVD de Serigne Modou Kara en sa qualité de chargé des élections, il affichait cette même rigueur et cette même courtoisie qui faisaient sa légende. C’était un politique chevronné, mais un politique d’une race rare : celle des hommes qui ne se départissent jamais de leur élégance morale, même dans l’arène.
Je garde de ce grand frère du quartier Diamaguène de Thiès l’image indélébile d’un être de lumière. C’était un “Monsieur” dans le sens le plus noble du terme. Il semblait littéralement surfer sur la vie, se mouvant avec une délicatesse telle qu’on eut dit qu’il évitait de peser de son poids sur les moindres grains de sable, les respectant infiniment comme autant de créatures sacrées de Dieu.
Cette légèreté n’était pas une absence de consistance, bien au contraire ; elle était la marque d’une profonde humilité et d’une conscience aiguë de la place de l’homme dans la création.
Excellent enseignant, footballeur de génie, politique raffiné et musulman accompli, Abou Sambou a tiré sa révérence comme il a vécu : avec discrétion et dignité.
À sa famille biologique, à sa famille politique du PVD, et à tous les Thièssois orphelins de son sourire, je présente mes condoléances les plus attristées.
Puisse le Seigneur l’accueillir en Son paradis Firdawsi, à la mesure de l’immense respect qu’il vouait à chaque parcelle de Sa création.
Talla SYLLA
