Le vice-président américain J.D. Vance, en visite à Budapest, a vanté, mardi 7 avril, les mérites du Premier ministre hongrois Viktor Orban face à ce qu’il a dénoncé comme des interférences de Bruxelles. Nous sommes à quelques jours des élections législatives pour lesquelles le dirigeant nationaliste semble en mauvaise posture.
« Les bureaucrates de Bruxelles tentent de détruire la Hongrie », martèle J.D. Vance debout à côté de Viktor Orban. À Budapest, le Premier ministre hongrois et le vice-président américain affichent tous les signaux d’une relation au beau fixe entre deux pays dirigés par des « patriotes », selon leur définition commune. Il faut noter que, sous la présidence de Joe Biden, Viktor Orban est l’un des seuls chefs d’État ou de gouvernement à avoir rendu visite à Donald Trump.
Fragiles sondages
Les sondages donnent, à l’heure actuelle, dix points d’avance à l’opposant Péter Magyar et les Européens se prennent à espérer que le soutien marqué de J.D. Vance n’inversera pas non plus la tendance, d’autant que le Premier ministre hongrois comptait sur la présence du président américain lui-même. Pour beaucoup d’Européens d’ailleurs, avec cette visite de soutien à Viktor Orban, le vice-président américain ne fait que rendre la politesse au Premier ministre hongrois au nom du camp « MAGA », rien de plus.
Et pour Bruxelles, cette visite-là n’aura pas plus d’effet que la visite de Marco Rubio à la mi-février ; à compter de cette date, les intentions de vote en faveur de Viktor Orban avaient même commencé à baisser, se réjouit-on ici en sous-main. Au bout de seize ans de différends – puis de bras de fer – entre l’Union européenne et Viktor Orban, les institutions européennes n’auraient qu’à se féliciter de la fin de son mandat à la tête de la Hongrie, surtout dans le dossier de l’aide à l’Ukraine.
Crainte d’opérations secrètes
Pour les Européens, une victoire de Péter Magyar augure du déblocage du prêt de 90 milliards d’euros à Kiev ainsi que du vingtième train de sanctions à l’encontre de la Russie. En vérité, l’UE craint plus des opérations secrètes des services russes pour influer sur le scrutin que les déclarations tonitruantes des États-Unis. L’inquiétude principale des Européens, pour l’instant, serait que Viktor Orban utilise une opération de déstabilisation du type de l’incident ce dimanche sur le gazoduc à la frontière serbe pour tenter de reporter le scrutin.




