L’intensification des frappes ukrainiennes sur des sites pétroliers russes porte-t-elle ses fruits?

TOPSHOT - This handout photograph published on the official Telegram account of the governor of the Leningrad region Aleksandr Drozdenko on January 21, 2024, shows rescuers working to extinguish a fire at a natural gas terminal in the Russian Baltic Sea port of Ust-Luga. The terminal, 110 kilometres (70 miles) west of Saint Petersburg near the Estonian border, is operated by Novatek, Russia's largest independent natural gas producer. (Photo by Handout / Telegram / @drozdenko_au_lo / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / Telegram account @drozdenko_au_lo" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Depuis le mois de mars, l’Ukraine a intensifié sa stratégie consistant à cibler des installations pétrolières en Russie pour empêcher Moscou de profiter pleinement de la flambée des cours du pétrole. À force de frappes toujours plus en profondeur sur le sol russe, l’Ukraine endommage des raffineries mais aussi des terminaux pétroliers centraux dans le dispositif d’exportation de pétrole du Kremlin.

La loi du talion s’étend à l’énergie. « Si la Russie est prête à arrêter de frapper notre secteur énergétique, nous serons prêts à faire de même », assurait Volodymyr Zelensky dans une allocution lundi 6 avril, après avoir formellement proposé à Moscou une trêve énergétique. Le Kremlin n’a pas encore répondu à Kiev, malgré l’intensification des frappes ukrainiennes sur les sites pétroliers russes depuis le mois de mars. Dès le lendemain matin, une nuée de 22 drones s’est abattue sur le terminal pétrolier d’Oust-Louga, à près d’un millier de kilomètres au nord de Kiev.

Ces attaques de sites russes reflètent la capacité et la volonté grandissantes de l’Ukraine à élargir le nombre de cibles potentielles dans son entreprise de déstabilisation de l’effort de guerre de son adversaire. Usines métallurgiques, producteurs d’engrais ou de micropuces… Kiev a dressé une large liste de secteurs directement liés à l’industrie de guerre russe. L’énergie reste pourtant le nerf de la guerre.

Le ministère de la Défense considère les sites pétroliers comme des atouts militaires russes à part entière et rapporte en avoir frappé plus d’une dizaine au cours du dernier mois. Les raffineries sont les principales cibles, mais plusieurs terminaux pétroliers ont également été bombardés, parfois de manière répétée, par des salves de drones bardés d’explosifs.

Guerre d’usure

Cette stratégie n’est, en elle-même, pas nouvelle. Les Ukrainiens cherchent depuis 2024 à enrayer la machine pétrolière russe grâce à des attaques de dronessur des sites en Russie, mais aussi en frappant des navires de la flotte fantôme du Kremlin. Par la même occasion, Kiev répond aux nombreux bombardements russes sur ses propres infrastructures énergétiques.

Plusieurs raffineries, parfois très loin de la frontière, ont été touchées. Le ciblage de ces infrastructures lors des campagnes de bombardements ukrainiens précédentes, avait démontré la capacité de la Russie à déplacer rapidement la production vers des sites moins utilisés pour réparer dans des délais courts les unités endommagées. « Les Russes maîtrisent ces technologies, donc ils savent les réparer mais ça les oblige à faire beaucoup de maintenance, et les gens qui en ont la charge ne sont pas au front », souligne Thierry Bros, spécialiste des questions d’énergie, professeur à Sciences Po Paris.

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