Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a annoncé, ce samedi 26 septembre 2026 à Ziguinchor, lors de la cérémonie officielle de commémoration du 24e anniversaire du naufrage du « Joola », la création par décret du statut du Mémorial « Le Joola ». Il a souligné que les familles de victimes et les rescapés seront associés à la finalisation de ce projet.
« Le projet de décret y relatif a été finalisé par le service et me sera transmis. Nous ferons de sorte que les familles de victimes et les rescapés puissent avoir leur mot à dire dans la finalisation de ce projet de décret. Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte », a affirmé le chef du Gouvernement.
Il a ajouté que le mémorial rappelle une vérité essentielle : « la vie humaine n’a pas de prix ». Pour lui, ce lieu de mémoire doit rester en tout temps ouvert aux familles. « Nul ne devrait avoir à se recueillir devant une porte close. C’est pourquoi je voudrais vous annoncer que le statut de ce mémorial fera l’objet d’un traitement avant la fin de l’année », a martelé M. Lo.
Le Premier ministre s’exprimait en présence du ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement, d’une forte délégation gouvernementale ainsi que des autorités administratives, locales et religieuses.
Un mémorial tourné vers les générations futures
Revenant sur le sens du drame, il a estimé que la responsabilité n’est pas seulement individuelle, mais aussi collective. « Le drame du Joola nous enseigne que la responsabilité n’est pas seulement individuelle, elle est aussi collective. Lorsque des règles sont connues mais insuffisamment respectées, lorsque les alertes restent sans écho, lorsque les responsabilités diluent, c’est toute la communauté qui devient vulnérable », a-t-il déclaré.
Le gouvernement entend ainsi faire de ce mémorial « un espace exigeant et tourné vers les générations futures ». À cet égard, Ahmadou Al Aminou Lo a encouragé le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en relation avec la ministre auprès de lui chargée de la Culture, le ministre des Forces armées, le ministre de la Communication et la ministre des Pêcheurs et de l’Économie maritime à poursuivre le travail engagé pour que ce mémorial et la mémoire liée au drame soient vécus, mais aussi continuent d’être écrits, en relation avec les chercheurs.
« Le Joola n’est pas seulement une tragédie de notre histoire, c’est devenu une part de notre conscience nationale, et ça restera une conscience nationale constructive pour l’avenir. Le temps n’a pas effacé la douleur et ne saurait effacer les souvenirs. Je vous le dis, l’État ne peut jamais oublier cela », a-t-il insisté.
Poursuivant, le chef du Gouvernement a rappelé la vocation du mémorial : « Ce souvenir, c’est faire vivre ceux qui ne sont plus parmi nous. Ce souvenir, c’est redonner un visage à ceux que vous nous avez demandé de chiffrer les noms. C’est tout le sens du mémorial qui est un sanctuaire pour les familles, un lieu de recueillement pour les visiteurs, un espace de connaissance pour les générations futures et un rappel permanent adressé à tous ceux qui exercent une responsabilité publique ».
Le naufrage du bateau « Le Joola » est survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002, au large des côtes gambiennes. Selon le bilan officiel publié après ce drame, 1863 personnes ont péri et seuls 63 rescapés ont été dénombrés. Cette catastrophe est considérée comme l’une des plus grandes catastrophes maritimes civiles au monde.
